Sommaire

La chimiothérapie peut être utilisée pour traiter les cancers gastriques mais elle est rarement isolée. En effet, elle complète généralement une intervention chirurgicale (ablation de l'estomac). On l'emploie de deux façons, soit :

  • deux à trois mois avant la gastrectomie (chimiothérapie néo-adjuvante) pour réduire la taille de la tumeur et ainsi faciliter son ablation ;
  • six à huit semaines après la chirurgie (traitement adjuvant) afin de détruire des cellules cancéreuses qui n'ont pas été retirées et qui risquent de métastaser.

Néanmoins, il arrive également qu'on utilise exclusivement la chimiothérapie, par exemple pour les cancers de l'estomac métastasés qui sont inopérables. Dans ce cas, une chimiothérapie palliative est mise en place, visant à prolonger la vie des patients et à améliorer leur confort et leur qualité de vie.

Lire l'article Ooreka

Chimiothérapie du cancer de l'estomac : protocoles

La chimiothérapie du cancer gastrique repose sur une association de traitements médicamenteux.

Traitement de référence ECF

Le traitement chimiothérapeutique de référence est le traitement ECF. Il combine l'épirubicine, la cisplatine et le 5-FU (perfusion continue de 5-fluorouracile pendant 5 mois). On l'utilise aussi bien avant qu'après la chirurgie.

Dans certains cas, on peut le remplacer par d'autres protocoles tels que :

  • ECX : le 5-FU est remplacé par le Xeloda® (capécitabine) qui sont tous deux à base de fluoropyrimidines ;
  • EOF : le cisplatine est retiré au profit de l'oxilaplatine ;
  • EOX : il combine les deux précédents.

À noter que chez les patients déficitaires endihydropyrimidine déshydrogénase (DPD, une enzyme indispensable à l'élimination des fluoropyrimidines), le 5-FU est responsable d'une toxicité sévère pouvant entraîner la mort. C'est pour cette raison que l'ANSM, selon les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) et de l'institut national du cancer (INCa), impose désormais la réalisation d'un dosage, avant l'administration du traitement. Le prescripteur doit ensuite préciser sur la prescription « Résultats uracilémie pris en compte », et le pharmacien doit s'assurer de la présence de cette mention avant de dispenser le traitement.

Autres protocoles de chimiothérapie

Il est également possible d'avoir recours à d'autres protocoles que l'ECF. Par exemple, on peut opter pour les combinaisons suivantes :

  • 5-FU et cisplatine (protocole 5-FUP) ;
  • DCF : docétaxel (Taxotère®) associé au cisplatine et au 5-FU chez les patients en bon état de santé général (protocole très toxique pour le sang). Il est efficace chez 53 % des patients (dont 5 % obtiennent une réponse complète) avec une survie sans progression de la maladie de plus de 5 mois.
  • TEX : docétaxel associé à la capécitabine (Xeloda®) ;
Lire l'article Ooreka

Chimiothérapie des cancers gastriques métastasés

La chimiothérapie des cancers gastriques métastasés ne convainc pas tout le monde. En effet, dans le cadre du traitement du cancer de l'estomac, les résultats sont contradictoires.

Le traitement combine 5-FU, adriamycine, mitomycine (protocole FAM) et méthotrexate (protocole FAMTX).

  • Le FAM est comparé à l'utilisation du 5-FU seul. Le FAM serait moins efficace et plus toxique que le 5-FU utilisé isolément. Il a donc été peu à peu délaissé.
  • Dans une première étude, le FAMTX a permis d'obtenir un taux de réponse de 60 % avec une moyenne de survie supérieure et une toxicité moindre. Néanmoins, il reste extrêmement toxique si on ne respecte pas scrupuleusement les critères d'administration du méthotrexate à fortes doses.

Ainsi, il n'existe pas à l'heure actuelle de chimiothérapie standard dans le cadre des traitements des adénocarcinomes gastriques métastasés.

Chimiothérapie adjuvante : thérapie post-opératoire

La chimiothérapie adjuvante intervient après l'ablation de l'estomac. Son objectif est d'augmenter la survie des malades et d'éviter les rechutes. Grâce à cette approche, la durée de vie est considérablement allongée quel que soit le patient et les caractéristiques du cancer gastrique. Ainsi, contrairement à la chimiothérapie néo-adjuvante, le traitement de chimiothérapie adjuvante est systématiquement proposé aux patients qui présentent un cancer de l'estomac de stade IA au moins.

Deux protocoles peuvent être mis en place, soit :

  • l'ECF (épirubicine, cisplatine et 5-FU) avec un taux de réponse de 32 % dont 10 % de réponses complètes et une moyenne de survie de 10 mois ;
  • le 5-FUP (5-FU et cisplatine).

En pratique, la chimiothérapie adjuvante est mise en place 6 à 8 semaines après l'opération et elle dure entre deux et quatre mois.

Aussi dans la rubrique :

Traitements et prévention du cancer de l'estomac

Sommaire

Ces pros peuvent vous aider